De nouveaux outils d'évaluation du comportement des visiteurs

Il n'y a pas si longtemps, les musées ne disposaient, comme outils d'évaluation de l'activité des visiteurs, que du savoir faire des sociologues réalisant des enquêtes à la sortie des expositions ou bien des observations in situ. Or, depuis une décennie, nous avons la possibilité d’adapter au monde de la culture des outils issus du monde industriel pour tenter d'objectiver le rapport entre le vécu et l'activité réelle du visiteur.

Il n'y a pas si longtemps, les musées ne disposaient, comme outils d'évaluation de l'activité des visiteurs, que du savoir faire des sociologues réalisant des enquêtes à la sortie des expositions ou bien des observations in situ, dans le but de faire des rapprochements entre le vécu et l'activité réelle des visiteurs dans une scénographie.

Or, depuis une décennie, nous avons la possibilité d’adapter au monde de la culture des outils issus du monde industriel pour tenter d'objectiver le rapport entre le vécu et l'activité réelle du visiteur.

Voici des exemples d'opportunités technologies comme la RFID, ou l'oculométrie qui apportent massivement des informations brutes sur l'activité réelle des visiteurs. Ces informations après un traitement statistique, ou une simple analyse experte, sont disponibles pour un rapprochement avec le résultat des enquêtes sociologiques.

La RFID

La technologie RFID met en jeu des identifiants sans contact portés par les visiteurs qui sont détectés par des lecteurs enfouis dans la scénographie. Les badges RFID portés par les visiteurs sont, soit fournis sous forme de cartes d'abonnement, soit prêtés sous forme de carte à porter sur la poitrine au moyen par exemple d'une cordelette. Il existe deux manière d'interagir avec ce type de dispositif, soit par un geste volontaire pour badger sur un lecteur signalé par un pictogramme, soit en étant simplement suivi de façon involontaire par de grandes antennes aux entrées/sorties d'une salle d'exposition par exemple.

Cette technologie permet de collecter des centaines de milliers de traces d'interaction comme par exemple :

  • le temps de séjour dans une zone d'exposition avec des lecteurs potelets situés à l'entrée et à la sortie
  • l'identification d'un visiteur sur une borne interactive en détectant sa présence pour reconstituer une véritable "session" comme lors de la connexion avec un identifiant et un mot de passe sur un site Web. Cette technique permet d'aller au delà de l'anonymat du Clic sur un interactif.
  • l'action volontaire d'un visiteur ayant décidé de badger pour déclencher une scénographie dans sa langue

La collecte des traces d'activité sera rassemblée sur un serveur auquel sont connectés tous les lecteurs RFID. Les traces d'activité peuvent être aussi enregistrées dans le badge lui-même, qui sera vidé en fin d'exposition lorsque le visiteur franchira un potelet ou bien rendra son badge dans une urne.

L'oculométrie mobile

L'oculométrie mobile permet d'embarquer un oculomètre simplifié sur une paire de lunettes équipée également d'une caméra. Le dépouillement du film permettra de voir où se porte le regard du visiteur face à la scène qui se trouve devant lui. Les modèles récents d'oculomètres sont maintenant capables de reconnaître automatiquement une zone dans laquelle se porte le regard du visiteur au moyen de marqueurs placés dans la scénographie.

Le dépouillement des données récoltées se fera de manière manuelle pour l'interprétation des trajets oculaires, par contre les traces de présence dans les zones d'intérêt marquées seront automatiquement disponibles.

Cas concrets

Voici quelques cas concrets pour lesquels Multicom a eu l'occasion de rapprocher le travail d'enquêteur avec les collectes automatiques de données et qui montrent l'utilité de cette démarche duale.

Informations sur le vécu d'une visite

En rapprochant les traces d'activités du visiteur avec le travail de l'enquêteur à la sortie d'une exposition permet d'avoir des informations précises sur le vécu de la scénographie. Une personne qui déclare avoir passé un de temps bien inférieur au temps réel qu'elle a enregistré dans les traces indique fort probablement un vécu agréable et une bonne immersion dans le discours de l'exposition. La réciproque est vraie pour un temps annoncé plus long que le temps réel. (Exposition "Ni vu ni connu" au Muséum de Lyon)

Informations sur le circuit emprunté

La collecte des traces sur plusieurs mois permet de déterminer dans quel ordre les visiteurs parcourent les interactifs d'une salle. Ce trajet n'est pas toujours celui qui vient à l'esprit du conservateur! Un interactif peu visible attirera plus la curiosité que celui qui est à portée de pas... (Muséum de Grenoble)

Efficacité d'une signalétique

Comment valider l'efficacité d'une signalétique pour accéder à un point précis du musée (accueil, expo temporaire, boutique,...etc)? En recrutant des visiteur à l'extérieur du musée, dans une rue où le musée n'est pas encore visible. Multicom a proposé à un Musée de Paris d'équiper les visiteurs d'un oculomètre mobile et de leur donner une consigne pour accéder à un point précis. Une seconde étape aurait consisté à maquetter une signalétique provisoire sur le terrain pour procéder à une nouvelle validation avec d'autres visiteurs.

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